Non à la hausse d'impôts à Val-de-Charmey: les citoyens tirent la prise aux remontées mécaniques

| lun, 19. nov. 2018

Lundi soir, une majorité de 240 citoyens (contre 203 oui) a refusé la hausse d'impôts de 0,898 à 0,95 lors de l'assemblée communale de Val-de-Charmey. Acquis au terme de longs débats et à bulletins secrets, ce résultat risque de condamner les remontées mécaniques de Charmey.

Que pensez-vous de la décision de Val-de-Charmey de ne plus soutenir ses remontées mécaniques?

Je suis d'accord, il était temps d'arrêter ces frais exorbitants
31% (168 votes)
C'est dommage, le ski a son importance à Charmey et les remontées mécaniques étaient en phase d'assainissement
34% (183 votes)
Les autorités cantonales et régionales ont trop tardé avant de réagir
31% (167 votes)
Je n'ai pas d'avis, je ne pratique pas le ski
3% (17 votes)
Total des votes : 535

Par une majorité de 54% (240 non contre 203 oui), les citoyens de Val-de-Charmey ont refusé, lundi soir, la hausse d'impôts proposée à l'assemblée communale. Au terme d'un long débat et d'un vote à bulletins secrets, cette décision souveraine du Législatif semble condamner les remontées mécaniques de Charmey. En effet, sans cette augmentation de la fiscalité, le Conseil communal n'a pas été en mesure de présenter son budget de fonctionnement pour 2019, qui présentait un soutien de 600000 francs pour la station. «Ce budget de fonctionnement sera certainement revu sans cette subvention et une nouvelle mouture sera proposée lors d'une assemblée extraordinaire, probablement le 14 janvier 2019», annonce le syndic Yves Page.

«On nous a coupé l'herbe sous les pieds»
Au terme de l'assemblée, à 1 heure du matin, Etienne Genoud ne cachait pas sa déception. «Je suis triste, car nous étions à la croisée des chemins. On nous a coupé l'herbe sous les pieds», affirme le vice-syndic et président du conseil d'administration des remontées mécaniques. Ce dernier se réunira mercredi pour certainement décider de ne pas ouvrir la télécabine le 1er décembre, comme prévu. «Notre marge de manœuvre est très étroite: nous devons payer les salaires, les charges et nous ne pouvons pas laisser la situation se péjorer. Nous ne pouvons pas nous permettre de creuser un trou financier.» Dans les vingt jours, une assemblée extraordinaire des actionnaires sera ensuite convoquée, sans doute avant Noël, pour décider de l'avenir de la société. A ce stade, les remontées mécaniques ne sont pas vraiment menacées par un dépôt de bilan, mais plutôt par un défaut de liquidités, qui pourrait la mettre en faillite. «Beaucoup de gens se demandaient ce que ça ferait de ne plus avoir de remontées mécaniques à Charmey. Dorénavant, nous avons savoir. Malheureusement, ce sera à notre dépend.»

Pour sa part, le syndic Yves Page regrette que la «concentration de dépenses extraordinaires en même temps» ait conduit les citoyens à cette décision. «Il faut rapidement trouver des nouvelles solutions pour l'économie de Charmey. Nous devons imaginer quelque chose de spécial pour faire monter les gens dans la vallée.» Face à ce vote de défiance, il avoue que le «plus difficile est de travailler dans l'ignorance des stratégies cantonale et régionale pour le tourisme, dans lesquels Charmey doit s'inscrire. Nous avons dû travailler sans filet.»

Explosion des charges liées
La soirée avait commencé avec la présentation d'un plan financier quinquennal qui prévoit une explosion de la dette charmeysanne d'ici 2023, si tous les investissements proposés étaient réalisés. Ensuite, le syndic a présenté les raisons qui ont amené le Conseil communal à présenter une hausse d'impôts de 0.898 à 0.95. «Les charges liées ont explosée (+6,1%), les récents investissements (école, salle communale) commencent à produire leurs effets sur les frais financiers et les rentrées fiscales sont moroses», a affirmé le syndic Yves Page, qui avoue que Val-de-Charmey paie «le prix d'une politique d'investissement timide durant de longues années».

Le syndic a rappelé l'importance des remontées mécaniques pour l'économie locale. «Est-ce bien le moment de prendre une décision définitive?» a-t-il martelé au 452 citoyens présents, certainement un record.

Président de la Commission financière, Henri Ding a jugé la «situation alarmante» – «l'endettement prend des proportions pharaoniques» – et il a préavisé négativement cette augmentation d'impôts. A sa suite, une quinzaine d'interventions ont nourri un débat ouvert et sans débordement émotionnels, compte-tenu de la forte affluence. Deux visions se sont clairement confrontées. Ceux qui trouvent qu'il faut «assumer ses devoirs», que «la télécabine n'est pas l'unique problème», que les «remontées mécaniques n'ont cessé de diminuer leurs charges fixes». En face, les arguments des opposants à cette hausse d'impôts ont mis le doigt sur «les chiffres vertigineux» de la dette, du long maintien des remontées mécaniques sous perfusion financière ou le fait de «donner un signal politique au Canton, que les citoyens de Val-de-Charmey ne veulent plus soutenir seuls leur station».

Pour la première fois en quinze ans, les citoyens de Charmey (ou Val-de-Charmey) ont donc décidé de couper leur subvention aux remontées mécaniques. De manière claire et tranchée.

 

Davantage de développements dans notre édition papier de jeudi

 

 

 

 

 

 

Commentaires

Ou plutôt ces quelques mots : -j'ai l'impression que les grosses nuques de la région sont assoiffées d'argent (qu'elles entassent en banque pour rien d'ailleurs !), qu'elles veulent payer le moins possible une main d'œuvre venue de très très loin et qu'elles ont perdu le sens des valeurs qui prévalaient ils y a encore vingt ans. Résultat : lorsque nous verrons cette même main d'œuvre bon marché "démonter nos installations" et qu'il ne sera pas possible de faire marche arrière, ça fera "mal au sac" à une très grande frange de la population, pas seulement charmeysame mais fribourgeoise. Sans parler des autorités cantonales et fédérales qui, au lieu de consacrer des millions d'aide au développement à l'étranger, auraient pu nous "filer" un coup de main, chez nous...

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