Armaillis, hipsters, rockeurs, tous barbus et fiers de l’être

jeu, 27. déc. 2018

PAR VALENTIN CASTELLA

LE MODERNE. Le concours de la plus belle barbe du district, organisé par Le Moderne et les Barbus de la Gruyère: la soirée promettait d’être improbable. Elle l’a été. Samedi soir en franchissant les portes de la brasserie bulloise, l’ambiance était déjà particulière. A la table centrale, les patrons sont présents. Bouteilles de rouge, bredzon, chemise blanche, capet sur la tête. Ils règnent sur ce petit monde particulier. Cet univers où se sont retrouvés, le temps d’une soirée, des dizaines d’amoureux de la barbe. Des armaillis, des anciens, des jeunes, des hipsters, des rockeurs… Tout le monde est là pour prendre part à la deuxième édition de ce concours.
En longeant le bar, on se sent quelque peu observé. Avec une modeste barbe rousse, on ressent les regards furtifs qui inspirent un léger sentiment de compétition. Comme au départ d’une course à pied, lorsqu’on observe ses adversaires en se disant «lui, je le bats facile» ou «lui a vraiment l’air costaud». On entre alors dans une improbable compétition avec des armaillis ou des quadras qui ne cessent de se caresser le menton huilé.

Pas rasé depuis… 1964

Mais on n’est pas là pour participer à la compétition. Trop frileux pour se frotter aux Barbus de la Gruyère, on s’incline sans même combattre. D’autant qu’en discutant avec Dédé Gabriel, le plus ancien d’entre eux, on apprend qu’il «ne s’est pas rasé depuis… 1964».

D’autres ont davantage de courage. Ils ont été vingt-quatre à se présenter devant les quatre juges: trois membres de la société et la barbière de Vuadens Jessica Andrey. Par groupes de trois, ils sont montés sur scène. Les juges les ont alors notés selon plusieurs critères. «Il faut que la barbe soit bien fournie, bien entretenue, que la texture soit belle et que la personne la porte bien», a précisé en préambule l’organisatrice de la soirée, Maud Robadey.

Derrière la table du jury, les experts observent et notent scrupuleusement ce qu’ils voient. L’ambiance est chaleureuse. Des applaudissements lorsque les Barbus de la Gruyère montent sur la scène, quelques petits chants de supporters pour les autres. Tout le monde a l’air de s’amuser. C’est le cas de Dédé Gabriel, 80 ans et barbu depuis plus d’un demi-siècle, qui a fini la soirée à danser au milieu du bar. Improbable, on avait prévenu.

En attendant le résultat, on s’assied à sa table, à celle des patrons. On demande alors quels sont leurs secrets pour afficher une telle barbe. «La mousse, l’huile, les massages: rien de tout ça pour nous, rigole Jacques Oberson, barbu depuis vingt-sept ans. Notre barbe, on lui parle et on la laisse pousser naturellement.» C’est d’ailleurs l’un des critères émis par la société, qui ne badine pas avec les conditions d’adhésion. Pour intégrer la confrérie, il faut provenir du monde agricole, avoir une barbe naturelle et les cheveux courts. «On accepte maintenant les boucles d’oreilles et les tatouages. Mais pas davantage», énumère le président Félix Girard.

Aucun entretien

Il est maintenant l’heure de la proclamation des résultats. Le grand gagnant de la soirée est Auguste Robadey, dit Tonton. Le citoyen de Chavannes-les-Forts avait terminé troisième l’année dernière. Cette foisci, il a été sacré. Heureux comme un gamin, il s’est avancé sur la scène pour recevoir son prix. Il raconte l’histoire de sa barbe: «En 1968, j’avais effectué un séjour à l’hôpital et les infirmières m’avaient rasé. Je n’avais pas apprécié. Depuis, je ne l’ai jamais coupée et je ne fais absolument rien pour l’entretenir. Elle est juste là. Et quand elle est trop longue, elle se casse. Tout simplement.»

Pendant la conversation, de nombreux Barbus de la Gruyère viennent le féliciter. «Je les connais très bien. Mais je ne peux pas faire partie de leur société, car je tiens à mes longs cheveux.» A l’heure du bilan, l’heureux gagnant était satisfait, tout comme les Barbus de la Gruyère: «Le niveau était élevé, souligne Félix Girard. Nous sommes très contents de participer à un concours à Bulle. Nous prenons part à plusieurs compétitions à l’extérieur du canton. Avoir quelque chose chez nous, dans notre district, c’est très positif.» ■

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