Le PNR redéfinit ses frontières et augmente ses budgets

| mar, 11. déc. 2018

PAR CHRISTOPHE DUTOIT

PARC. Mercredi dernier à Montbovon, une septantaine de membres du Parc naturel régional Gruyère Pays-d’Enhaut ont plébiscité l’arrivée de quatre nouvelles communes. Ils ont également pris connaissance du plan de gestion 2020-2024, qui prévoit des augmentations de budgets notoires. Explications.

LE TERRITOIRE  DU PARC

L’assemblée extraordinaire a accepté la candidature de quatre nouvelles communes, ce qui porte son total à dix-sept entités. Commune associée depuis les débuts du Parc – et siège gruérien de l’association – Gruyères a désormais franchi le pas en acceptant ce principe lors de sa dernière assemblée (La Gruyère de jeudi). «Il y a dix ans, nous avions déjà été approchés, mais nous avions ressenti de l’insécurité, notamment en ce qui concerne le Plan d’aménagement local, l’aérodrome ou les remontées mécaniques», a expliqué la conseillère communale Catherine Bussard. Une décennie plus tard, le Parc a montré patte blanche et rassuré les plus inquiets, puisque 84 citoyens ont dit oui contre 9 non la semaine passée.

Même son de cloche du côté de Bellegarde. «Depuis dix ans, François Margot me regarde de travers… Je vous prie donc d’accepter notre candidature, sinon ça va continuer», a lancé le syndic Jean-Claude Schuwey, qui a réussi à dérider l’assemblée, après avoir commencé son intervention en dialecte jauner… Tout le contraire de Toni von Grünigen, l’édile de Saanen, qui a salué la salle en fran- çais, avant de présenter le hameau d’Abländschen… en allemand. A la stupeur de nombreuses personnes présentes. A l’évidence, l’entrée de ces deux communes alémaniques représentera autant une ouverture culturelle qu’un défi linguistique, puisque le Parc a avoué que «son bureau était incapable de s’exprimer en allemand pour l’instant», mais qu’il a assuré vouloir faire un effort de ce côté-ci. A noter, à ce propos, qu’un montant a été prévu aux budgets annuels pour les traductions, à commencer par le site internet du PNR.

Mais revenons à Abländschen, puisque la commune de Saanen a accepté de présenter cette candidature. «Ce hameau est coupé de son village siège en hiver, a expliqué le coordinateur François Margot. Il y a une logique paysagère à l’incorporer à Bellegarde, où d’ailleurs les agriculteurs coulent leur lait.» Dans le même ordre d’idée, le Parc pourrait prochainement approcher une autre commune bernoise, Boltigen, afin d’inclure le versant Jogne du village dans le territoire du PNR. De même, les deux versants de la vallée des Fenils, entre Rougemont et Saanen, pourraient entrer en ligne de compte à l’avenir. A ce titre, l’assemblée a donné son feu vert au Conseil du Parc pour «arrondir les angles» de son périmètre.

Tout au sud de la carte, Corbeyrier a également demandé son rattachement au PNR, bien que la commune ne figure pas dans le périmètre d’intention. «Si l’on observe la carte de l’Inventaire fédéral des paysages, dans le secteur Corjon - Tour-d’Aï, il existe une certaine cohérence à inclure Corbeyrier», a expliqué François Margot.

Des discussions devront encore avoir lieu pour définir l’exact tracé. «Nous pensons contourner les carrières d’Arvel (audessus de Villeneuve), qui ne représentent pas une grande qualité paysagère, affirme le coordinateur. La question de la place de tir de l’Hongrin, entre Corbeyrier et La Lécherette, doit encore être discutée avec l’armée. Mais elle ne pose pas de problème de notre côté.»

Enfin, personne n’a évoqué à Montbovon la commune de Broc, dont le Conseil communal a refusé l’idée d’une entrée en matière. Peut-être le sujet aura-t-il été évoqué lors de l’assemblée communale d’hier soir?

LE PLAN DE GESTION  2020-2024

Second gros sujet de la soirée, le plan de gestion 2020-2024 a été présenté à l’assemblée et mis en consultation jusqu’au 7 janvier. Il chevauchera la rédaction de la nouvelle charte du Parc, pour la pé- riode 2022-2031. «Nous allons commencer sa rédaction en 2019, pour une approbation du contrat de Parc par les législatifs de toutes les communes concernées à la fin 2020.»

Dans le détail, le Parc prolonge sa stratégie «dans la continuité, sans grande révolution». La fiche Paysage sera dotée d’un budget annuel moyen de 154 000 francs. «Nous allons poursuivre notre projet verger hautes-tiges et si possible étendre notre châtaigneraie», espère François Margot. Des cours de biodiversité seront également dispensés aux bûcherons. Le thème Biodiversité (210 000 fr./an) prend de l’ampleur, notamment pour la prévention du dérangement de la faune sauvage, mais aussi pour des barrières à batraciens et un suivi du faucon pèlerin. La fiche Agriculture (89 600 fr./an) a quelque peu diminué, car les réseaux écologiques sont désormais en place. Des efforts seront consentis pour le projet des prairies durables. Le thème Tourisme et nature (154 000 fr./an) est renforcé, tout comme celui des Produits du parc (154 000 fr./an), où la recherche de synergies et de partenariats avec les douze autres parcs suisses sera mise en avant, afin également de favoriser les circuits courts.

La fiche Energie et mobilité (123 000 fr./an) aura pour tâche la labellisation de l’ensemble du territoire du Parc comme Cité de l’énergie en 2020. A noter également la participation à une étude de faisabilité pour un parcours e-bike entre Lucerne et Montreux. Elément phare du PNR, le thème Sensibilisation (161 800 fr./an) continuera sur sa lancée son travail auprès des écoles. Une carte des patrimoines du Parc sera également éditée à la fin 2019. Enfin, les Territoires en réseau (64 000 fr./an), la Communication (168 000 fr./an) et la Gestion (356 000 francs/an) seront également renforcés. Au final, les budgets moyens seront en augmentation d’environ 35% ces prochaines années. Une évolution proche de celle de l’augmentation de la surface (+ 30%) et de la population du Parc (+ 25%). Du côté des ressources du PNR, elles sont constituées pour 49% par la subvention de l’Office fédéral de l’environnement, 21% par les cantons de Vaud et Fribourg, 12% par les communes partenaires et 18% par d’autres fonds. ■

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