«Je veux être plus prolifique»

mar, 08. Jan. 2019

PAR MAXIME SCHWEIZER

Le 29 novembre 2018, Fribourg-Gottéron annonçait la signature de son nouvel étranger: Charles Bertrand. Le Parisien est venu remplacer numériquement Michal Birner, qui avait choisi de retourner en République tchèque pour des raisons familiales. En six matches, l’ailier de 27 ans a laissé apparaître son talent (quel tir du poignet), mais peine à peser statistiquement sur les rencontres (2 buts en 6 matches).

Un mois et demi après son arrivée, il revient sur sa venue à Saint-Léonard et sur la saison.

Comment s’est passée votre intégration à Gottéron?

J’ai reçu un excellent accueil de la part des joueurs, du staff et des dirigeants. Je me suis très vite senti à l’aise dans le vestiaire et également dans la ville. Mon intégration a été plus rapide socialement que sportivement. Je dois encore perfectionner mon apprentissage du système de jeu.

A votre arrivée, Gottéron alternait le bon et le moins bon. Comment était l’état d’esprit des joueurs?

J’ai vite remarqué que toute l’équipe s’entend très bien. A l’entraînement, ils savent faire la différence entre le temps pour les blagues et celui du sérieux. Mark French, qui est un entraîneur exigeant, mais complice, gère bien le groupe et arrive à tirer le meilleur de ses joueurs.

On parle souvent du système défensif particulier à Fribourg. Pour les attaquants aussi, l’apprentissage est difficile?

Il y a des règles oui, comme partout. Il faut notamment respecter quelques consignes sur contre-attaque. Nous avons de la liberté dans les mouvements, parce qu’en match tu n’as pas le temps de trop réfléchir.

Avant ses deux victoires ce week-end, Gottéron avait enchaîné les défaites (8 en 10 matches). Le vestiaire a été affecté?

Ça ne fait jamais du bien de perdre autant de matches, mais l’ambiance est restée la même. En tant que professionnels, nous savons que les émotions ne doivent pas faire l’ascenseur. Nous devons gérer les périodes moins bonnes de même que les séries de victoires.

De plus, je trouve que le mois de décembre était compliqué à gérer avec ses deux trêves et seulement six matches. Mais ces pauses ont aussi permis de corriger quelques détails.

Donc elles ont été bénéfiques pour l’équipe?

(Il rit.) Pas pour tout le monde. J’aurais préféré enchaîner les matches, car avant ce week-end, je n’avais pris part qu’à quatre rencontres en un mois et demi. C’est trop peu.

Au début de l’année, Fribourg est passé sous la barre. De quoi s’inquiéter?

Personnellement, je ne regarde jamais le classement. Je sais où en est l’équipe, mais je ne me focalise pas sur sa position. Tout ça, c’est pour les médias et les supporters. Je préfère me concentrer sur notre jeu et notre manière de jouer. C’est grâce à cela que nous pouvons remonter la pente. D’autant plus qu’il reste une vingtaine de matches à jouer.

Les deux victoires de ce week-end (3-2 ap contre Lausanne et 1-3 à Bienne) allaient dans ce sens?

Certes, ces victoires nous ont fait du bien, car il fallait mettre un terme à notre série négative et que nous avions cruellement besoin de ces points. Mais je trouve que nous pratiquons du bon hockey depuis quelques semaines déjà. En décembre, nous avions perdu sur des détails, que ce soit à Zurich ou face à Davos. Après, comme je l’ai dit, nous devons rester maîtres de nos émotions et arriver samedi face à Langnau avec confiance et humilité.

En championnat, Gottéron peine en situation spéciale. Quelle est votre analyse?

Je ne peux pas tellement parler du box-play, car je ne suis pas aligné en infériorité. Mais je vois le staff et les joueurs travailler encore et encore pour le perfectionner. Et si on regarde les statistiques des tirs bloqués, le problème n’est pas le sacrifice.

Nous devons également améliorer notre power-play si on veut aller là où nous aimerions, idéalement le top 4. Nous devons trouver notre rythme, faire confiance aux coéquipiers présents sur la glace. Il faut que chacun se focalise sur son rôle et joue simple. Sans trop réfléchir.

Vous parliez de votre manque de rythme, est-ce pour cela que vous ne pesez pour l’instant pas statistiquement sur les rencontres (2 buts en 6 matches)?

Non, je ne pense pas. Je n’ai joué que six parties, mais j’aimerais faire davantage et me montrer plus prolifique. Je sais que mes efforts vont finir par payer. Donc je me concentre sur la manière de jouer et mon intégration sur la glace.

Comment vous sentez-vous avec Rossi et Bykov, vos deux partenaires de ligne?

Très bien, nous avons trouvé une bonne complicité et nous sommes complémentaires. «Byk» est quelqu’un qui possède une excellente vision du jeu et distribue extrêmement bien le puck. J’adore évoluer avec ce genre de joueur. «Ross», lui, possède un impact physique impressionnant. Il ne nous manque que les buts.

Pour ma part, j’aime bien utiliser mon patinage pour faire la différence en portant le palet. J’apprécie de tenter ma chance au but. Pour m’améliorer encore, je pense qu’il faudrait que je joue un peu plus simple.

Est-ce que vous avez déjà réfléchi à la saison prochaine?

Non, pas encore. Je me plais bien à Fribourg, mais on verra ce qu’il se passe par la suite pour choisir la meilleure occasion. ■


Initié au hockey par son père dès l’âge de trois ans

Avant de poser ses valises à Saint-Léonard, Charles Bertrand a connu quatre pays: la France, la Slovaquie, la Finlande et la Russie. Né à Paris voilà 27 ans, il a commencé le hockey sur glace dans la Ville Lumière. «C’est mon père qui m’a mis sur les patins. Je devais avoir entre trois et quatre ans. En juniors, j’ai joué à Champigny, Rouen et Viry-Châtillon.» A 16 ans, Charles Bertrand a choisi de se rendre à l’étranger pour embrasser une carrière professionnelle. «J’avais dit à mes parents que je savais exactement ce que je voulais faire dans ma vie: du hockey. Je suis donc parti à Trencin, en Slovaquie.» Et pourquoi ce pays au lieu de la Russie, de la Finlande ou même de la Suisse, qui possèdent un niveau plus élevé? «Je voulais y aller étape par étape et ne pas me brûler trop rapidement.»

Décision réfléchie et positive, puisque deux ans plus tard il a rejoint la Liiga finlandaise et la filière U20 du club de Lukko. Charles Bertrand est resté neuf saisons en Finlande et a porté les chandails de Lukko (4 saisons), Turun Palloseura (1 saison), Vaasan Sport (2 saisons), Ässät et Kärpät (1 saison). Avec cette dernière formation, l’ailier français a réalisé sa meilleure saison statistique (60 points, dont 37 buts en 78 rencontres). «Au fil des ans, la Finlande est devenue ma deuxième maison. J’y retourne d’ailleurs chaque été. J’y ai grandi, je m’y suis développé et je m’y suis marié.»

Puis, l’été passé, il a pris la direction de la Sibérie et de son club, le Sibir Novosibirsk qui évolue en KHL. Une expérience amère pour le Français. «Nous avons commencé la saison par 14 défaites en 21 matches. Comme les trois quarts de l’équipe, j’ai été poussé vers la sortie au milieu du mois de novembre.» Une aubaine que n’a pas laissée passer Christian Dubé. «Il possède un profil qui nous intéressait depuis plusieurs saisons, à savoir une belle énergie avec un shoot incroyable, détaille le directeur sportif. Il travaille fort et a tout pour dominer dans cette ligue.» MS

Ajouter un commentaire

CAPTCHA
Cette question est pour tester si vous êtes un visiteur humain et pour éviter les soumissions automatisées spam.

Annonces Emploi

Annonces Événements

Annonces Immobilier

Annonces diverses

Trending

1

A Bulle, l’immobilier se déconnecte de la réalité

On construit toujours beaucoup à Bulle alors que le taux de vacance est en nette hausse.

D’importants projets sont pourtant en préparation, poussés par des promoteurs volontaristes.

Investisseurs institutionnels et observateurs en appellent à ralentir le rythme.

JEAN GODEL

ENQUÊTE. A Bulle, les immeubles continuent de pousser comme des champignons après la pluie. Pourtant, les conditions du marché de l’immobilier ont changé. Ainsi le tau...