«Un refus signifierait l’arrêt immédiat des installations»

jeu, 10. Jan. 2019

PAR CHRISTOPHE DUTOIT

Avec le recul, comment avez-vous vécu les différents votes de l’assemblée communale du 19 novembre 2018?

Ce budget de fonctionnement présentait trois caractéristiques: une augmentation de 6,1% des charges liées par rapport à 2018 (+ 320 000 fr.), sans parler d’autres frais financiers, par exemple pour l’école de Charmey et le CO de Riaz; des revenus fiscaux qui stagnent depuis 2016; un soutien de 600 000 fr. aux remontées mécaniques. Le Conseil communal connaissait les risques d’une telle votation et il a proposé ce budget avec deux objectifs: on ne voulait pas condamner les remontées mécaniques en demandant un budget qui ne leur aurait pas permis de passer l’année sans problème de liquidités. Et temporiser afin de connaître la stratégie des propriétaires.

Après le refus du 19 novembre, le contexte a changé. Les propriétaires des installations sont entrés en jeu et des capitaux privés se sont annoncés. Le groupe de travail doit se réunir le 14 janvier au matin pour nous livrer une vue d’ensemble des différentes aides et des options possibles. D’un point de vue personnel, il n’est jamais agréable pour un Conseil communal de voir ses propositions refusées par le législatif et que la commission financière décrète un moratoire sur les investissements. On ne peut pas omettre le constat d’une confiance altérée entre les citoyens et le Conseil communal.

Comment interprétez-vous le refus net de la plupart des investissements alors proposés?

Les termes du président de la commission financière sont clairs: «Dans la situation actuelle, un ralentissement marqué des nouveaux investissements s’impose sous forme de moratoire.» Le seul crédit accepté concernait le captage des Reposoirs, un investissement sans charge financière, puisqu’il sera prélevé sur la réserve d’approv ision ne - ment en eau. J’ai trouvé étrange le préavis défavorable et le refus concernant la mise en séparatif du secteur Pra-Gremaud. A mon avis, cette situation est dommageable pour Val-de-Charmey, car cela jouera un rôle dans la clé de répartition à la future step de Broc.

Que pensez-vous de la position pour le moins bornée de la commission financière?

L’Exécutif se refuse à tout commentaire concernant l’attitude des membres élus d’une commission communale.

Dans ce contexte, de quelle manière pensez-vous réaliser les investissements présentés dans le plan financier?

Les investissements présentés dans le plan financier reflètent les besoins de chaque dicastère aux yeux de son responsable. Mais cela ne veut pas dire que tous les projets doivent se réaliser dans les cinq ans. Le rôle du Conseil communal est de prioriser les investissements en fonction de la loi, des besoins de la population et des possibilités financières. Cette année, nous réaliserons les investissements acceptés par les assemblées précédentes: la route du Borgeat à Cerniat (310 000 fr.), la route du Récard (1,25 million), la place des Lévanches (900 000 fr.), l’aire de rebroussement des bus (100 000 fr.), la conduite d’eau du Récard (220 000 fr.), le captage des Reposoirs (165 000 fr.) l’infrastructure du Javroz, retardée à la suite d’un contentieux (582 000 fr.) et la revitalisation des berges du Javroz (170 000 fr.). Soit un total de près de 3,7 millions. Et nos priorités pour 2020 sont la réfection de la route de Cerniat, la partie centrale de la traversée de Charmey, ainsi que la place médiévale du Village-d’Enhaut et son réseau d’eau.

Au sujet du nouveau budget qui sera présenté le 14 janvier: mis à part le soutien de 250 000 francs aux remontées mécaniques, quelles autres mesures avez-vous prises pour éviter une hausse d’impôts?

Il n’y a pas d’autres mesures. Au contraire, le budget des routes a été augmenté de 80 000 fr. à 250 000 francs et un montant de 10 000 fr. a été réservé pour les contrats d’entretien du complexe scolaire.

Pourquoi ne présentez-vous aucun investissement?

Notre objectif prioritaire est de faire passer le budget de fonctionnement. Un nouveau refus bloquerait l a co m mu ne du ra nt le premier trimestre 2019. Les investissements proposés en novembre étaient jugés prioritaires par les dicastères concernés. Ce serait mépriser la décision de l’assemblée que de revenir avec les mêmes objets deux mois plus tard.

Il est impossible de retravailler des projets tels que Valtraloc en si peu de temps. Cela dit, le 19 novembre, un citoyen a proposé de tronçonner le projet de traversée du village et de créer une zone 30 km/h pour assurer la sécurité des élèves. Le responsable du dicastère planche sur cette possibilité, qui diminuerait le crédit initial. Ce projet pourrait être présenté dans le courant de l’année.

Le manque de neige depuis le début de la saison laisse planer une grosse menace sur les remontées mécaniques. Ne craignez-vous pas qu’elles doivent fermer à la fin du mois?

C’est exactement la situation que nous voulions éviter en proposant un soutien de 600 000 fr., qui aurait permis de garantir le fonctionnement sur l’année. La situation actuelle fragilise la société des remontées mécaniques, qui devient tributaire de capitaux extérieurs, privés et publics. Des apports d’argent dont elle attend la confirmation ces prochains jours.

Du côté de la commune, que se passera-t-il en cas de refus de ce budget?

Nous tenons à préciser que nous attendons encore d’obtenir une vue d’ensemble de la situation, en particulier des recherches de fonds lancées par les différents groupes de travail. Ce n’est probablement que le 14 janvier au matin que nous connaîtrons les différentes aides et les options disponibles.

En cas de refus, le Conseil communal présentera un nouveau budget dans les soixante jours, sans aide aux remontées mécaniques. Cela signifiera donc un arrêt immédiat des installations. Un nouveau refus confirmerait en outre la perte totale de confiance des citoyens envers le Conseil communal. Plus important encore, il signifierait l’abandon du concept touristique charmeysan basé sur le triptyque village-télécabine-Vounetz, irréalisable sans le Rapido Sky. Cela marquerait non seulement la disparition du ski de piste, mais certainement d’une majorité des activités extérieures comme les parapentes, les trottibikes, la vallée des tyroliennes, les expériences de production de fromages d’alpage. A Charmey, le tourisme ne dépend pas uniquement des remontées mécaniques. Mais le coup porté à l’offre touristique serait pa r ticuliè - rement brutal. Comment remplacer ces activités, ces emplois? Nous ne disons pas que c’est impossible. Mais nous n’avons aucune réponse concrète à proposer dans l’immédiat.

Du côté des remontées mécaniques, que se passera-t-il en cas de refus de ce budget?

L’arrêt immédiat des installations et la mise en faillite de la société.

Que pensez-vous de l’idée d’autoriser cent lits sur la montagne de Vounetz, tel que l’a détaillé le directeur de l’Office du tourisme dans notre édition de samedi?

L’idée de ba se d’augmenter le nombre de lits en altitude est correcte. C’est un objectif du tourisme local. Mais, pour autoriser ces hébergements, particulièrement le cas de Tissiniva et le concept de navettes lors de la fermeture de la télécabine, la com mune doit prononcer des mises en zone, qui doivent être approuvées par l’Etat de Fribourg. Or, les études menées par la commune ont été jugées insuffisantes par le Service des constructions et de l’aménagement (SECA) en octobre 2018, qui demandait des travaux complémentaires estimés à environ 35 000 francs. La position actuelle de la commune est de ne pas poursuivre ses efforts et de ne pas engager de dépenses sans avoir une garantie de succès et sans connaître l’avenir des remontées mécaniques. ■

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