Le cap sur l’Afrique du Sud pour construire leur saison 2019

jeu, 24. Jan. 2019

PAR QUENTIN DOUSSE

L’été sud-africain plutôt que l’hiver gruérien. Habitués à préparer la saison dans le froid, sur une piste de Bouleyres tantôt enneigée, tantôt gelée, Coralie Ambrosini et Charles Devantay ont changé de cap pour cette nouvelle année. Virant à quelque 8400 kilomètres au sud, à Potchefstroom exactement, dans la Province du nord-ouest.

Arrivés le 6 janvier dernier en Afrique du Sud, les deux espoirs gruériens auront passé vingt jours avec 23 des meilleurs athlètes du pays et Laurent Meuwly, le coach fribourgeois de Swiss Athletics. Contraste assuré. «Il faisait –5 degrés en Suisse à notre départ, et plus de 30 degrés en Afrique du Sud. A cause de cette chaleur et de l’altitude (1350 mètres), les premiers jours ont été compliqués au niveau du souffle. Mais, après une semaine, on s’était parfaitement acclimatés.» Leur retour en Gruyère, ce samedi, devra également être bien négocié. Puisque les deux espoirs seront en compétition ce dimanche déjà, en salle à Macolin. «Et paraît-il qu’on sera en forme malgré la fatigue de ce camp», sourit Coralie Ambrosini.

«Tout est plus facile»

Mais avant de penser à la suite, les «deux petits nouveaux de la bande» veulent profiter pleinement de leur première au Baillie’s Manor, complexe universitaire devenu la «deuxième maison» des meilleurs athlètes du pays (lire ci-dessous). Lesquels jouissent d’un cadre idoine pour l’entraî- nement: un anneau en herbe, une piste synthétique, une salle de musculation ou encore une piscine. «Je ne savais pas trop à quoi m’attendre en arrivant ici, mais j’ai été étonné en bien des infrastructures et des conditions. L’expérience est hyper cool!» s’exclame Charles Devantay, 20 ans. Coralie Ambrosini abonde: «Tout est plus facile dans de pareilles conditions. Notamment pour travailler les détails fins, comme les départs avec les startingblocks.»

Pas un camp de vacances

Malgré le cadre idyllique, les deux néophytes n’ont pas voyagé pour prendre du bon temps. Ils sont avant tout là pour suer à grosses gouttes. Et découvrir le quotidien minutieux des athlètes professionnels. Il évoque «les échauffements en commun et tout nouveaux pour lui», elle souligne «une vision différente de l’entraînement, plus léger et axé davantage sur l’intensité et l’explosivité». La Touraine de 21 ans complète: «Il y a partout du bon à prendre, à nous de trier ce qui nous convient. Travailler avec d’autres coaches est intéressant. Même si on sera aussi content de retrouver Gérald (Rumo) et nos petites habitudes.»

Les deux régionaux l’affirment: ils ont su trouver leur place dans la foulée de Lea Sprunger et de Kariem Hussein, pour ne citer qu’eux. A la tête de la délégation suisse, Laurent Meuwly a du reste apprécié leur venue. «Ces jeunes amènent une nouvelle dynamique et une concurrence également, relève le coach de 44 ans. Ils posent aussi des questions, parfois naïves, qui font réfléchir tous les autres athlètes.»

Un effet de groupe en tous points bénéfique pour Charles Devantay, peu habitué à partager la piste à l’entraînement. «Seul, je n’arrive pas mettre autant de qualités dans mes séances. Tandis qu’en groupe, je dirais que je parviens à me donner davantage. C’est plus simple de se mettre “dans le mal”.»

La confiance dans la valise

Ce camp d’entraînement a ainsi permis de bâtir les fondements de leur saison 2019. Qui sera marquée d’une même échéance majeure: les championnats d’Europe U23 en Suède, dans un peu plus de six mois. Charles Devantay visera une demi-finale sur 400 m, tandis que Coralie Ambrosini devra d’abord réaliser les minimas, sur 100 m. Confiants, ils le sont d’autant plus après ces vingt jours passés en Afrique du Sud. «En arrivant ici, j’avais peur de me retrouver larguée par les autres filles, souffle la sprinteuse du SA Bulle. Mais j’ai vu que j’avais ma place aux côtés des meilleures et j’ai réussi à prendre confiance en moi.» De quoi aborder la saison avec sérénité pour Coralie Ambrosini et Charles Devantay, à la fois impatients et curieux de se tester en compétition. ■


«Pour tester les limites de chacun» 

Si l’expérience en Afrique du Sud est nouvelle pour Coralie Ambrosini et Charles Devantay, elle est devenue monnaie courante pour les meilleurs athlètes du pays. Cela fait depuis 2008 qu’une délégation helvétique prend ses quartiers à Potchefstroom, ville située à 120 kilomètres au sud de Johannesbourg. Cheville ouvrière du projet, Laurent Meuwly organise un camp au mois de janvier, mais aussi en mars et en novembre. «Faute de disposer d’infrastructures en salle en Suisse, il est devenu indispensable de s’expatrier pour rivaliser au niveau international», note le Fribourgeois, qui chapeaute son avant-dernier séjour pour Swiss Athletics (n.d.l.r.: il deviendra entraîneur national des Pays-Bas dès le 1er avril prochain). Comme la délégation suisse, la guest house de Baillie’s Manor s’est agrandie – passant d’une capacité de 25 à 40 personnes – au fil des ans. «On se sent comme à la maison ici. On possède toutes nos marques et une relation de confiance s’est installée avec le couple de gérants», apprécie l’entraîneur fribourgeois, qui ne voit que des avantages à cette délocalisation trois fois l’an. «Hormis le climat et le décalage horaire minime (+1 heure seulement), on profite aussi de la situation avantageuse en moyenne altitude. Elle a des effets connus sur la production de globules rouges et permet aussi aux sprinters de courir plus vite, grâce à la densité de l’air.»

Pour Laurent Meuwly, ces camps poursuivent un but bien précis. «L’objectif est de tester les limites de chacun, avec des séances axées sur la qualité et la très haute intensité. Pour les athlètes en développement (comme Charles et Coralie), c’est l’occasion de voir leur capacité à supporter des charges d’entraînement identiques à celles des athlètes professionnels. Il y a aussi beaucoup d’informations à prendre au niveau de l’approche des séances, de la préparation et de la récupération. Cela peut aussi donner envie à certains de s’investir davantage et engendrer une prise de conscience de leurs qualités. Et si, en plus, ils parviennent à signer des records personnels à leur retour en Suisse, le camp aura été pleinement bénéfique pour eux.» QD


Une journée type

7 h 45
Lever au Baillie’s Manor Guest House, à Potchefstroom.

8 h Déjeuner pris en commun, comme tous les repas de la journée.

9 h 30 Premier entraînement du jour. Séance d’environ deux heures, généralement axée sur le travail d’intensité.

13 h Dîner suivi d’une période de repos. Le moment pour une sieste ou un passage entre les mains du physiothérapeute.

15 h 30 Deuxième entraînement, soit sur la piste pour un travail de VMA (série de sprint à vitesse modérée), soit en salle de musculation.

19 h 30 Souper.

Soirée Quartier libre. Briefing avec les entraîneurs pour certains.

22 h 30 Coucher.

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